Mo-bi-li-té! Notre époque est à la mobilité. Dans tous les domaines. Y compris au niveau professionnel. Aujourd'hui, il faut être mobile; pour passer d'un service à un autre dans son entreprise, pour passer d'une «boîte» à une autre, d'une région, d'un pays, voire d'un continent à un autre. Le monde s'est globalisé. Les entreprises aussi. Et le marché du travail avec. C'est ainsi.
Mobiles, les Suisses le sont. En tout cas, une grande majorité déclare l'être. Surtout lorsqu'il est question de postes de travail intéressants, dans notre pays ou à l'étranger. C'est ce qui ressort du Kelly Global Workforce Index, une enquête internationale qui analyse les points de vue des salariés sur leur travail et leur poste de travail, menée par Kelly Services (un prestataire international de services liés à l'emploi). Au total, 97 000 personnes ont été interrogées dans 30 pays (dont un millier en Suisse) entre octobre 2010 et janvier 2011.
Des Suisses très mobiles
Acquérir de nouvelles expériences professionnelles et personnelles présente beaucoup d'attrait pour 76% des Helvètes interrogés dans cette étude, qui déclarent qu'ils élargiraient leur rayon géographique pour l'emploi dont ils rêvent. Sur ce point, en comparaison européenne, notre pays se classe exactement dans la moyenne (voir le premier graphique ci-contre). Plus d'un tiers des actifs se dit même prêt à partir dans un autre pays. Pour 47% d'entre eux, l'Europe fait partie des destinations professionnelles les plus intéressantes. Mais un sondé sur cinq pourrait aussi imaginer se rendre en Amérique du Nord (voir le second graphique).
Dans le détail, il apparaît qu'en général, les hommes montrent une propension à la mobilité plus élevée que les femmes (80% chez les premiers et 70% chez les secondes). Les jeunes sont aussi plus mobiles que les aînés (80% des 18-29 ans, contre 69% chez les 48-65 ans). Les secteurs où les actifs envisageraient plus particulièrement de déménager pour leur carrière sont l'ingénierie et le commerce de détail (90% pour chacun de ces domaines) ainsi que la branche scientifique (88%). Quant à la durée du séjour à l'étranger, elle serait de trois ans ou plus pour 46% des personnes interrogées et d'une seule année pour un quart des sondés.
Une disposition cruciale
«Pour pouvoir continuer à accroître leur compétitivité sur le marché international, les entreprises ont besoin de collaborateurs et de candidats qualifiés, qui puissent également, au besoin, être employés à l'étranger. La disposition à la mobilité prend donc de plus en plus d'importance, commente Peter Güggi, directeur général de Kelly Services Suisse. Pour les personnes qualifiées, aller à l'étranger est une démarche qui apporte des avantages évidents en termes de carrière: elles acquièrent des connaissances professionnelles approfondies au niveau international et des qualifications supplémentaires, en langue notamment. Ces facteurs ont une influence positive sur la suite de leur carrière.»
Reste que, pour les sondés, la famille et les amis constituent le principal obstacle à un changement de lieu de travail: 61% des Suisses interrogés seraient très inquiets quant à leur environnement social. «La mobilité exigée par l'activité professionnelle influence la vie de famille. La mobilité suppose donc énormément de motivation et de souplesse», ajoute Peter Güggi.